Braquage raté

Sevran – « Ils ont foutu leur vinord-este en l’air »

Les policiers ont quadrillé le secteur une bonne partie de la journée © MC/93infos

Il est midi dans la zone industrielle du Pont Blanc. L’accès au magasin LIDL est barré par des barrages de police. La prise d’otage vient de prendre fin. Des dizaines de journalistes et de riverains s’entassent derrière les rubans jaunes tendus par les forces de l’ordre afin de grappiller la moindre information.




Dans ce quartier résidentiel et tranquille de Sevran, on n’a jamais vu un tel barouf. Depuis ce matin 9h, c’est la cohue. A l’ouverture du magasin LIDL situé 3 rue Becquerel, deux malfaiteurs ont voulu voler la caisse. Pas de bol, dehors des policiers patrouillaient. Une des caissière donne l’alerte par téléphone. C’est parti pour le « fait du jour ». Les deux hommes armés prennent en otage les salariés et le patron du magasin. Dehors, les camions des télés squattent les places de parking. Les directs s’enchaînent sur un coin de trottoir sous la pluie.

Les journalistes étaient venus en nombre couvrir le fait divers
Les journalistes étaient venus en nombre couvrir le fait divers

Les habitants, eux, n’en croient pas leurs yeux. « Je vais faire mes courses là-bas d’habitude. Ce matin mon frère m’a appelé en me disant qu’il y avait un braquage. » Incroyable mais vrai. Baguette de pain à la main, l’homme observe le cirque médiatique et policier. A ses côtés, une personne âgée qui réside dans le quartier. « Si personne n’est blessé, ça va. Ça aura fait de l’animation. Ici, c’est tranquille. » Dans les rues alentours, rien ne bouge. C’est l’heure du repas et les odeurs de popote embaument.

DES POLICIERS PARTOUT

Tout le quartier est quadrillé. La rue Roger Salengro qui donne en face l’accès au LIDL est cernée par les policiers. Dans la rue Gabriel Peri où la circulation est toujours coupée, on vient chercher son pain, comme si de rien n’était… Enfin presque. Impossible de marcher sur la rue Gabriel Peri pour faire 30 mètres et aller derrière le ruban jaune qu’ont tendu les policiers pour tenir à l’écart les journalistes et les badauds. On nous prie de bien vouloir attendre sur le trottoir sans bouger ou bien de contourner l’obstacle en faisant le tour du pâté de maisons. Certains pestent. D’autres patientent. On commente aussi le braquage. « Tout ça pour quoi ? 10 000 euros ? Ça ne vaut pas le coup. Ils ont foutu leur vie en l’air. Ou alors ils ne savaient pas où dormir et ils ont voulu passer l’hiver au chaud », ironise un riverain. Des jeunes du collège Georges Brassens voisin s’inquiètent pour une de leur amie qui travaille au LIDL.

13h passé de quelques minutes, le dispositif est enfin levé. Les camions qui avaient stationnés plus haut dans la rue vont pouvoir aller livrer. Les habitants sont libre d’aller et venir. Dans les entreprises qui jouxtent le LIDL on retourne à l’intérieur, le spectacle est fini.