Montreuil – Grogne des conseils de quartier
Jeudi 28, lors du conseil municipal, Olivier Caillon a pris la parole au nom des onze conseils de quartier afin de faire état de leur mécontentement. Problèmes de gestion, de locaux… les habitants intervenants au sein de ces assemblées ne se sentent pas écoutés.
Avant d’entamer l’ordre du jour, Dominique Voynet et le reste du conseil ont écouté l’intervention d’Olivier Caillon, représentant des conseils de quartier.
Dans le fond de la salle, des habitants investis au sein de ces conseils trustent les bancs du public. Tous attendent la réponse que va donner la mairie à leurs remarques.
Le mécontentement porte sur plusieurs points : le fonctionnement de ces conseils, les subventions, le déménagement du bureau mis à disposition de la coordination, les antennes secteurs et la présence d’élus lors de ces réunions.
« La démocratie n’est plus ce qu’elle était » , déplore Olivier Caillon. Dans le communiqué lu jeudi soir, il explique qu’une relecture des comptes-rendus par tous les intervenants leur est imposée par la mairie et que cette dernière ne fait rien pour promouvoir leurs actions.
Autre inquiétude, les subventions. Jusqu’à présent, la ville versait 30 000 euros à chaque quartier mais cette répartition serait amenée à changer et à être « globalisée à l’ensemble de la ville » . L’attribution se ferait sur appel à projets et sur décision d’un jury. Pour les habitants, cela revient à « instaurer une concurrence entre les conseils de quartier que nous ne voulons pas » .
Mais ce qui irrite le plus les membres de la coordination, c’est l’absence d’élus du conseil municipal à ces réunions. « On ne les voit pas. Ils donnent l’impression de ne pas s’investir. Quand ils viennent, ils restent trois quart d’heure puis prétextent une autre réunion pour s’en aller » , peste Marie-Hélène Cartier. « C’est à se demander s’ils n’ont pas peur d’affronter les habitants… » , continue la Montreuilloise.
« NOUS SOMMES ATTACHES A TOUTES LES FORMES DE CONCERTATION »
Florence Frery, en charge du dossier, a répondu durant de longues minutes. Elle a rappelé l’attachement de la mairie à consulter sa population et prendre en compte son avis. « Nous avons crée une commission extra-communale sur la propreté… Des consultations directes sont organisées notamment concernant l’aménagement du centre-ville, le stationnement… Toutes les formes de concertation, nous y sommes très attachés. Tout ce que vous avez rappelé, nous l’avons faire depuis le début de la mandature. Cependant, il n’est pas acceptable que les conseils de quartier soient des réunions politiques. Des choses ont été amorcées, beaucoup reste à faire. En espérant vous avoir convaincu. »
Brouhaha au fond de la salle. Dans les rangs de l’opposition, on se moque : « Vous dites que la maison Gérard Rinçon est centrale, certainement n’avez-vous jamais regardé une carte de Montreuil car elle n’est pas du tout centrale. » Gaylord Le Chequer, en rajoute. « Je trouve que la réponse de Florence Frery est complètement décalée. » « J’ai l’impression qu’on a assisté à un dialogue de sourd « , conclut un troisième élu.
Pour Dominique Voynet, les conseils de quartier sont indispensables « mais il y a encore des améliorations à faire. »
Une chose est sûre, la refonte de la charte des conseils de quartier va continuer à faire débat dans les jours et les mois à venir…









