Interview

centreMontreuil – Juliette Prados : « Dominique Voynet n’est pas de gauche »

Juliette Prados
Juliette Prados

A quelques jours du vote du budget de la ville, nous avons rencontré Juliette Prados, du parti de gauche et élue dans l’opposition. Alors que la majorité explose et que la cote de popularité de Dominique Voynet ne cesse de baisser, Juliette Prados observe et continue de s’opposer à la politique menée par Mme le maire.





Rendez-vous est pris au bar du marché, un lieu où l’élue a ses habitudes et où même le serveur la tutoie et lui fait la bise. Le marché, Juliette le connaît par cœur. « Je viens tracter ici quasiment tous les dimanches. J’ai toujours des bons retours. » Elle prend une menthe à l’eau, I-phone posé sur la table, la discussion peut commencer.


93infos : Vous êtes seule de votre parti dans l’opposition, n’est-ce pas gênant ?

Juliette Prados : (sourires) Je me dis que s’il y a des démissions, il y en a deux autres derrière. Dans l’opposition, nous sommes trois groupes différents. J’attends de voir comment nous pouvons nous recomposer. Ça se discute.

93infos : Le débat d’orientation budgétaire a été mouvementé. Quel est votre position ?

Juliette Prados : D’habitude nous nous abstenons, cette année, nous avons voté contre et le groupe socialiste a boycotté. Même s’il y a en a quatre (NDLR : des socialistes) qui ne suivent pas le mouvement des boycotteurs. Ils sont moins forts que ce qu’on pouvait penser au départ. Jeudi (NDLR : ce soir), je regarde ce qu’il se passe…

93infos : Cinq élus parmi « les boycotteurs » ont perdu leurs délégations. La majorité est au bord de l’explosion, vous vous comptez les points ?

Juliette Prados : Non. Nous sommes prêts à discuter avec tout le monde. Nous voulons réunir la gauche et réinvestir les gens en politique. Il y a des rumeurs qui courent que Voynet proposerait l’exécutif à la minorité. Mais pour l’instant, je n’ai pas été contactée et de toute façon vu la politique menée, je ne peux que m’y opposer. Voynet gère la ville comme si c’était une entreprise. Je pense qu’elle n’est pas de gauche. La peur que nous avons eue quand elle a été élue est que la ville soit perdue pour toujours, mais en fait, ça se passe tellement mal qu’il y a des chances pour qu’elle ne se représente pas en 2014.

93infos : Ça a commencé par la grogne des conseils de quartier, puis des agents municipaux… Dominique Voynet semble cristalliser toutes les rancœurs.

Juliette Prados : Voynet a une attitude très fermée. Quand elle se balade, elle ne veut pas répondre aux questions des habitants. Nous avons la chance d’avoir des gens qui s’investissent dans les conseils de quartier, il faut s’appuyer la-dessus plutôt que de les balayer et d’en prendre d’autres parce qu’ils sont du côté de Brard. C’est une très grosse erreur qui a été faite.


« On s’installe, ça va être difficile de nous ignorer »


93infos : Quel bilan tirez-vous des régionales ?

Juliette Prados : Nous avons gagné des électeurs qui ont voté Voynet aux municipales. On voit qu’elle baisse dans les quartiers qui l’ont fait élire. Nous, nous progressons doucement sur Montreuil et nous installons, ça va être difficile de nous ignorer. Nous avons vraiment la volonté de faire exister l’autre gauche et pour ça, le front de gauche est une bonne solution.

93infos : Vous parlez du vote qui baisse dans les quartiers, la fracture entre haut et bas Montreuil est-elle en train de s’agrandir ?

Juliette Prados : Oui, il y a aussi l’Est qui est à l’abandon. Le problème est le même pour tout le monde. Les gens des hauts se sentent exclus et ne vont pas voter. C’est la faute des politiques. Ils passent pour les élections et le reste du temps, les habitants ne les voient pas. Nous voulons une fois par mois aller dans les quartiers, s’installer et entendre ce qui se dit. Si nous arrivons à démontrer que nous pouvons être une réponse, ce sera bien.

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