Livre

Posté par melanie chaluleau le samedi 15 mai 2010

centreNoisy-le-Sec – Etienne Liebig casse les idées reçues sur la banlieue

NOISY ETIENNE LIEBIGLes pauvres préfèrent la banlieue, c’est le nom du dernier livre coup de poing d’Etienne Liebig, éducateur spécialisé dans le 93 et ex-collaborateur de Siné hebdo. Déjà auteur d’un essai sur les ados, il s’attaque cette fois au mythe de la banlieue et de ses habitants.






Pour rencontrer Etienne Liebig, rien de plus simple : un mail à l’attachée de presse de la maison d’édition Michalon qui a publié son dernier ouvrage Les pauvres préfèrent la banlieue, et l’affaire est dans la poche. On nous donne un numéro de portable. Un coup de fil plus tard, rendez-vous est pris à Rosny 2, le centre commercial régional, au rayon philosophie de la FNAC.

Portable vissé à l’oreille, cheveux gris en bataille et blague facile, Etienne Liebig est à l’heure. Chaleureux, le bonhomme tutoie d’entrée de jeu :  Tu es journaliste ? Ah, donc t’as pas de fric, c’est moi qui te paie un verre ! Heu… Il est comme ça Stéphane Maggi, de son vrai nom. Pourquoi avoir pris le pseudo Etienne Liebig ? Ça restait dans la thématique de la soupe, ça me faisait marrer . Et ça permet surtout de faire la différence entre l’auteur déconneur de livres érotiques et l’éducateur spécialisé auteur d’essais nettement plus sérieux.

Etienne habite Noisy-le-Sec et travaille à Montreuil et Bagnolet. La Seine-Saint-Denis, il la connaît par cœur et les représentations qu’en font les médias, ça l’énerve. J’ai voulu, avec ce bouquin, déconstruire les représentations. Je ne nie pas ce qu’il s’y passe mais nous portons un regard extrêmement néo-colonial sur les gens de banlieue.


UNE RÉALITÉ DISTORDUE

Il prend l’exemple de cette professeur de gymnastique qui en voyant des traces blanches sur les bras de plusieurs de ses élèves leur demande si c’est rituel ou si elles ont des problèmes à la maison. Elles auraient été blanches et parisiennes, la question ne se serait pas posée. Ou encore le changement de statut de la femme. En banlieue, celles qui ont des enfants, même à 25 ans, deviennent des mamans. A Paris, chez les bourges, elles restent des nanas qui jonglent entre le boulot, le gamin et ont une vie sexuelle. Ça me révolte. Et que dire des maghrébins, stigmatisés à outrance selon lui. Aujourd’hui, il est clair que l’ennemi est musulman et vit en banlieue.

Pour Etienne Liebig, l’image que l’on a de la banlieue est fantasmée et ne tient pas compte des réalités . Caïds, gangs, nettoyage : autant de mots, d’expressions à fortes connotations historiques qui ne correspondent à rien de réel (p.25).

Ainsi, la réputation de plaque tournante du trafic de drogue dont jouit Tremblay-en-France depuis le reportage de TF1 et les caillassages de bus le fait doucement rigoler. Tremblay, c’est la ferme ! C’est tout vert, y’a des arbres…  De toute façon, comme Stéphane Gatignon (maire EE de Sevran), il verrait bien une dépénalisation du cannabis. Mon fils est un gros fumeur de shit. Il est allé en école de commerce à Levallois-Perret et il y a découvert la coke. Pourtant, il traînait avec des mecs du Londeau, mais il n’en avait jamais vue avant.



DES TRAITEMENTS DIFFÉRENTS

Pour un même problème, explique l’éducateur, la réponse apportée sera différente suivant où l’on habite. Les flics, les parents et le corps social n’ont pas la même interprétation. Si un gamin de banlieue se fait choper en train de fumer un pétard, c’est la garde à vue ; si c’est un parisien, il doit se faire soigner. Une attitude qu’il trouve scandaleuseÇa me gêne énormément dans mon métier , estime l’intéressé qui côtoie des ados tous les jours.

Des jeunes, finalement pas si différents les uns des autres. En 2005, lors des émeutes, j’aurais aimé qu’ils aillent jusqu’à Paris… Mais non ! Ce sont des petits cons. Dès qu’ils ne voient plus leur mère au balcon, ils ont peur ! L’éducateur raconte ensuite les colos où il amène ces jeunes et leur peur de rester seuls le soir en forêt.

Dans son livre, l’auteur aborde encore d’autres facettes de la banlieue (notamment l’aspect économique et l’urbanisme) et déroule une réflexion implacable basée sur son expérience du terrain, des chiffres et des faits récents. Ecrit en deux mois au début de l’année 2010, Les pauvres préfèrent la banlieue casse le mythe du Far West aux portes de Paris.




Le myspace d’Etienne Liebig : http://www.myspace.com/liebieggoyvaertz
Les pauvres préfèrent la banlieue (186 p), Editions Michalon, avril 2010. 16 euros.
Si vous voulez écouter un extrait de l’interview, cliquez ici

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