Rencontre

carte 93-ouestEpinay-sur-Seine – Débat : l’ascenseur social est-il en panne ?

Epinay debat ronde ascenceur social
© MC/93infos

A l’initiative de SOS Racisme et de l’association locale Jeunesse en mouvement, un premier débat était organisé à destination des jeunes Spinassiens fin octobre. Le but ? Discuter de sujets d’actualité et faire émerger une voix souvent inaudible, celle des jeunes. Le sujet du jour : l’ascenseur social.








Assis en cercle dans la salle Dumas, une vingtaine de jeunes s’interpellent, se répondent. « Le problème se situe au lycée. L’ascenseur social pourrait fonctionner si l’Etat était prêt à mettre les moyens pour réduire les écarts entre les différents élèves » , explique un étudiant de HEC. »L’école elle va mettre des pansements. Il faut casser les ghettos. A un moment donné, il faut taper du point sur la table, tonne Julien Malaussena, membre du bureau national de SOS Racisme. La discrimination n’est pas un problème de représentation mais de processus. »


Revaloriser les métiers manuels

La discussion est vive, les arguments tranchés. « Ce n’est pas parce qu’on a un Bac+2 que l’ascenseur social est fini. Il ne faut pas être obsédé par les grandes écoles. Certains ont des Bac Pro et évoluent dans la même société puis montent en grade. Moi je trouve que c’est plus valorisant que d’avoir des diplômes » , estime un des participants.

Une vision partagée par Farid Saidi, maire adjoint à la politique de la ville. « On a dévalorisé les métiers manuels. Faut-il amener tout le monde au sommet ? C’est un problème d’orientation. Vers quoi on vous oriente ? Des voies bouchées. Est-ce qu’il y a des postes pour tous à la sortie de l’ENA ? Non. Il faut trouver un équilibre entre certains métiers. » L’élu se dévoile en racontant son parcours, comment il s’en est sorti et comment ses enfants font encore mieux que lui. Puis il rebondit sur le thème de l’école, le noeud du problème. « L’Education nationale est un iceberg. On ne voit que la partie émergée. Chaque ministre essaie de réformer, mais le corps enseignant est contre et les élèves aussi. Dans les banlieues, l’éducation nationale n’arrive pas à répondre au problème. C’est une politique de saupoudrage. » « Le temps marche pour nous. Dans dix, quinze ans, on ne se posera plus la question » , conclut un jeune homme.


Une première réussie

Il est presque 22 heures. La salle se vide, mais les participants continuent la discussion dehors dans la nuit. Les membres de Jeunesse en mouvement proposent de se revoir dans un mois pour débattre d’un autre sujet. Pour Simona Stoeuna, même s’il n’y avait qu’un petit nombre de personnes dans la salle, c’est réussi. « Ils ont osé prendre la parole. » C’est déjà un point essentiel. SOS Racisme va continuer sa tournée des villes de France pour débattre avec les jeunes. Jeunesse en mouvement de son côté a d’autres projets en cours