Débat

carte 93-centreBondy – Quand le PS parle de l’évolution de la banlieue…

BONDY-REUNION-ROGER2 © MC/93infos
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L’intitulé du débat « Egalité républicaine, les émeutes sociales 5 ans après » , laissait croire que la discussion porterait sur l’état des banlieues après les évènements de 2005. Ouverte à tous, la soirée promettait un dialogue intéressant entre habitants et élus : Gilbert Roger maire de Bondy, Elisabeth Guigou, députée…






« Egalité républicaine, les émeutes sociales 5 ans après » On s’attendait à un débat sur la banlieue, un constat global sur l’évolution des villes qui ont connu les émeutes ; il n’aura duré qu’une petite heure avant de céder sa place au projet PS d’égalité réelle. En début de soirée toutefois, les élus présents ont abordé le bilan cinq ans après et le constat est sévère. « Il y a une régression sociale très nette depuis 2002. Les inégalité étaient là avant, mais elles se sont creusées depuis » , note la députée Elisabeth Guigou.

Claude Dilain, maire de Clichy-sous-Bois abonde dans son sens. « Je constate une paupérisation croissante. Les gens sont de plus en plus en difficulté. » Par rapport à 2005, Claude Dilain constate surtout un changement dans l’attitude des adultes. « La colère se déplace. Ce ne sont plus les jeunes qui sont en colère, mais les personnes déjà installées dans la vie active avec un enfant. Dans les villes, il y a une sorte de fatalisme qui fait que si l’on vient d’une famille pauvre, on va le rester toute sa vie. Allez parler d’ascenseur social à Clichy ou Montfermeil, les gens vont vous rire au nez. » Mais le plus criant d’après l’édile, c’est la différence entre les villes riches et les villes pauvres. « En France, nous sommes les champions d’Europe de l’inégalité territoriale. Les pauvres paient deux fois plus d’impôts que les habitants des villes riches. Le taux d’équipements publics est moitié moins important dans les villes pauvres que dans les villes riches. C’est dramatique. On ne va pas pouvoir continuer à avoir une cohésion de la société avec de tels écarts » , prédit l’élu.


Une anecdote marquante et blessante

Gilbert Roger, maire de Bondy se souvient encore très bien de l’humiliation vécue pour la simple pose d’abribus. « Un jour, on refait la place de la gare. On nous présente un catalogue d’abribus. J’en vois un qui me plaît, un Jean-Claude Decaux estampillé « new design » . Il coûte 2 000 euros à l’achat. J’en commande deux. Deux jours plus tard, je reçois un coup de fil me disant qu’on ne pouvait pas me les livrer car ils étaient réservés à des villes plus importantes. Ça a chauffé ! Jean-Claude Decaux est venu en personne dans mon bureau, m’expliquant que j’avais mal compris. Je lui ait dit d’aller se faire foutre. Trois jours après je recevais une lettre en recommandé me disant que dans trois jours, JC Decaux enlèverait tous les abri-bus de Bondy. Et il l’a fait ! J’ai fait passer un appel d’offre et nous avons racheté des abri-bus à une autre entreprise. » L’assemblée hilare, applaudit, mais l’anecdote fait mal. Autre constat amer, les habitants de Bondy n’ont pas les mêmes chances que ceux du 16e à Paris, même si maintenant, les écoles privées s’ouvrent à la diversité. « On offre un ordinateur à chaque fois qu’un jeune Bondynois entre à Science-po. Mais une fois en classe, ils reviennent me voir et me disent ‘on n’est pas allé dans les mêmes musées, on n’a pas vu les mêmes expos,donc on a trois fois plus de travail pour y arriver’ . Il y a une différence de classe » , regrette amèrement Gilbert Roger.

Claude Bartolone, conclut la première partie du débat par un discours tonitruant dont lui seul à le secret. « Ce n’est pas un plan Marshall qu’il faut pour les ban lieux, c’est un plan Malraux car tout commence par l’éducation. Le renouvellement urbain sans plan Malraux, ça ne marche pas. Si on remet les même personnes au même endroit, les même schémas vont se reproduire. »

En guise de conclusion, le président du département a annoncé que le PS avait désigné les maires de Bondy et Clichy-sous-Bois pour mener la liste PS-EE-PRG aux sénatoriales. La discussion s’est ensuite déplacée des émeutes en banlieue au projet PS d’égalité réelle.