Sécurité

carte 93-nordVaujours – La mairie veut installer 16 caméras de vidéo-protection

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© MC/93infos

Vaujours, ses 6 136 habitants et bientôt ses 16 caméras. La deuxième plus petite ville du 93 veut mettre en place un plan ambitieux de vidéo-protection. Le projet présenté lors d’une réunion publique lundi 29 novembre suscite déjà de nombreux commentaires…







La vidéo-surveillance ou vidéo-protection, va faire son arrivée à Vaujours. La délinquance venue des villes alentours est en constante augmentation et la municipalité est à cours de solutions pour l’enrayer comme l’explique le maire Dominique Bailly (DVD). « C’est un problème de jeunes et de justice. On connaît l’identité de ceux qui dealent et commettent des dégradations. Ils ne sont pas d’ici mais de Villepinte ou Livry. Le problème, ce n’est pas de les interpeller, c’est qu’il y ait une justice après. » Et de rappeler l’épisode du cocktail molotov jeté sur le bâtiment de la police municipale resté sans suite. Dernier recours pour la municipalité : l’installation de caméras. Selon l’édile, cela permettra de faciliter les arrestations, mais surtout d’étayer les dossiers auprès du tribunal pour s’assurer une condamnation des délinquants.


Des lieux d’implantation contestés

Le plan de vidéo-protection prévoit l’implantation de 16 caméras à des emplacements stratégiques : place des fêtes (caméra 5), devant le collège Henri IV (caméra n°8), rue de Meaux (n°10), maison du temps libre (n°12), parc de la garenne (n°15) etc.  Le maire commence à peine à détailler les lieux et les raisons pour lesquelles ils ont été choisis, qu’il est interrompu une première fois. « Nous sommes dans une ville verdoyante, devant le collège avec les arbres, vous ne verrez pas grand-chose » , note un homme assis au fond de la salle. « Vous avez raison monsieur, c’est une difficulté comme une autre, répond Dominique Bailly. On peut faire un élagage tous les trois mois, ça na jamais tué un arbre. »

Une femme installée au dernier rang râle, disant qu’elle a été conviée à une réunion pour définir l’emplacement des caméras et que sa présence ne sert à rien, car on lui présente un projet déjà validé par la préfecture de police. Tout à coup, un homme se lève et distribue un tract contre la vidéo-protection, détaillant les coûts supplémentaires que devront supporter les Valjoviens à cause de cet équipement. « C’est en amont qu’il faut agir ! » , affirme-t-il.  Après ce coup d’éclat et une mise au clair : non le projet n’est pas définitif et l’emplacement des caméras peut être modifié, la réunion continue.


« Je vais péter un plomb »

La discussion, reprend. Une jeune homme laisse éclater sa colère. « Quand on appelle la police pour signaler que des jeunes squattent le hall de l’immeuble, ils arrivent 3/4 d’heure après, à quatre voitures sirènes hurlantes… J’en ai ras le cul. Je vais péter un plomb ! » Dominique Bailly écoute et hoche de la tête. « Vous avez raison. Un de nos policiers municipaux s’est fait agresser par des jeunes. Pour que le jeune soit condamné, il a fallu que je me porte partie civile et qu’on porte plainte par le biais de la commune. Il a été condamné à 700 euros, on attend toujours qu’il les paie. Moi aussi je suis énervé. »   « M. Bailly, je suis à 200% avec vous pour les caméras, mais j’ai peur que ça ne change rien » , conclut fataliste une maman.


Aveu d’impuissance… mais volonté d’en finir avec l’insécurité

Devant le désarroi de ses habitants, l’édile se montre compréhensif, mais semble dépassé par les actes de délinquances qui sévissent à Vaujours. « Les moyens du maire c’est la police municipale, la vidéo-protection et une bonne collaboration avec la police nationale. Au bout d’un moment, je ne sais plus quoi faire. On a mis à disposition des salles pour qu’ils puissent (ndlr : les jeunes) se réunir, des stades où ils peuvent pratiquer des sports etc. Et ça continue… Mais je ne céderai pas » , affirme Dominique Bailly.



Pour vaincre la délinquance, la commune de Vaujours s’est associée à Coubron dans le cadre d’un Conseil de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CSPD). En créant un CSPD, les deux villes voisines vont travailler ensemble pour lutter contre l’insécurité par le biais d’actions communes.