Social

carte 93-sudNoisy-le-Grand – Une procédure d’expulsion vise les Roms de la rue Baltard

Noisy-le-Grand, les roms installés rue Baltard © MC/93infos
Noisy-le-Grand, les roms installés rue Baltard © MC/93infos

Les cinquante Roms installés à la limite de Noisy-le-Grand et Bry-sur-Marne, sur un terrain appartenant à l’Etablissement public d’aménagement pour le développement économique de la Marne (Epamarne), vont devoir partir. La demande d’expulsion formulée par le propriétaire des lieux a été entérinée par le tribunal de grande instance de Bobigny.






Depuis octobre 2010, une famille d’une cinquantaine de Roms s’est installée sur un terrain en bordure de l’autoroute A4, à la limite de Noiys-le-Grand et Bry-sur-Marne. Le terrain en question est la propriété de l’Etablissement public d’aménagement pour le développement économique de la Marne (Epamarne) qui a lancé une procédure d’expulsion. Examinée vendredi 28 janvier en même temps que d’autres affaires similaires, elle a été entérinée par le TGI. « Le jugement va leur être notifié sous 48 h, après ils devront partir » , explique Evelyne, membre du comité de soutien (Ndlr : l’interview a été réalisée le mardi 1er février). Pour aller où ? « Ils ne savent pas. »

Arrivée de Roumanie en 2009, la famille d’Elena, 13 ans, s’installe à Bobigny. Expulsés une première fois en juillet 2010, ils se réfugient sur un terrain vague à Bry-sur-Marne promis à la construction prochaine du lycée international. L’Epamarne, propriétaire des lieux, demande leur expulsion en octobre 2010. Les cinquante caravanes tentent alors de s’installer sur Champagny, mais le 17 janvier, sur ordre du préfet, ils doivent partir. Depuis, ils ont construit un camp de fortune rue Victor Baltard (voir le plan). Sur plusieurs rangées, des petites maisons en tôles jouxtent des caravanes. Il n’y a ni eau, ni électricité, ni toilettes. « Nous avons un groupe électrogène et pour l’eau, nous prenons la voiture et allons remplir des bidons », raconte Elena qui parle très bien le français. Depuis une semaine, elle a intégré le collège Paul-Vaillant à Champigny. Sa sœur cadette, va à l’école à Bry.


Des démarches qui n’aboutissent pas

Le comité de soutien local qui les suit depuis plus d’un an, a entrepris un tas de démarches afin de leur trouver un endroit où ils puissent se sédentariser. Pour l’instant, en vain. « Nous avons distribué une lettre durant les vœux du maire de Noisy-le-Grand. Nous lui avons demandé un rendez-vous, mais n’avons pas eu de réponse. Nous avons aussi écrit une lettre au directeur de l’Epamarne. Le 20 janvier, nous avons rencontré Christian Favier, le président du conseil général du Val-de-Marne. Il a fait un courrier au directeur de l’Epamarne, mais là encore, pas de réponse » , résume Evelyne.

Malgré cette situation compliquée, Elena veut rester, tout comme les membres de sa famille. « C’est très difficile d’aller à l’école en Roumanie. Comme mes parents n’avaient pas de travail, ils ne pouvaient pas payer mes études. Je ne regrette pas d’être venue en France » , insiste l’adolescente.