Sevran – L’intercommunalité truste les débats

Sveran, conseil municipal mars 2011 © MC/93infos
Sveran, conseil municipal mars 2011 © MC/93infos

carte 93-nord

Mercredi dernier, lors du conseil municipal, les élus ont discuté du débat d’orientation budgétaire (DOB). Un premier point à l’ordre du jour qui n’aurait dû être qu’une formalité, mais qui a duré près de trois heures. La discussion s’est déplacée sur le terrain de l’intercommunalité et à viré à l’affrontement entre les pour et les contre.







Le conseil municipal initialement prévu le mardi 1er mars avait été repoussé au mercredi 9 à cause du malaise d’Alex Duvallon, un des conseillers municipaux. Les élus se sont donc réunis à nouveau avec au programme un ordre du jour inchangé. Premier point étudié : le DOB.

Pierre-Marie Coiteux, décrit la situation. Elle n’est pas rose. « Le contexte est difficile » , souligne le conseiller municipal délégué aux finances. « Le combat est permanent depuis 2001. Ce nouveau budget est rempli d’incertitudes. On n’en sait pas beaucoup sur les réformes des finances publiques. Les dotations gelées vont nous impacter. Au niveau local, l’intercommunalité est remise en cause au vu des engagements initiaux de solidarité. Les points positifs : le projet de Grand Paris avec deux gares sur Sevran, l’ANRU 2 et la baisse du poids de la dette. » Un bilan de quelques minutes qui a débouché sur une discussion de près de trois heures. Point d’achoppement entre les élus : l’intercommunalité.

Yvon Kergoat (Modem) dénonce au sein du conseil communautaire « une attitude orientée vers la politique politicienne. » « On commence à comprendre ce que je voulais dire : l’intercommunalité doit réunir des communes qui ont des intérêts communs. A l’heure actuelle, on est dans l’impasse. » Au sein même du conseil municipal les avis divergent. Certains -dont le maire- accusent l’interco et en particulier Tremblay de ne pas aider financièrement Sevran, en refusant de rendre pérenne un fonds de solidarité de un million d’euros. D’autres défendent au contraire la ville voisine et Terres de France. Ainsi, Danielle Béné 4e adjointe, y va d’une longue intervention en faveur de la communauté d’agglomération et de François Asensi député-maire PC de Tremblay.


« Ça va mal finir »

Bernard Portel, 11e adjoint est plus virulent. « Le tract diffusé par le député noie le poisson. Quand on dit Sevran aura toujours son million, c’est vrai, mais Asensi n’y est pour rien. Ça été décidé il y a dix ans en arrière. Si l’intercommunalité ne permet pas la solidarité entre les communes, ce n’était pas la peine de la faire ! » Et d’ajouter, presque en criant : « Ce qui était prévu comme un fonds de solidarité s’est transformé en un fonds de concours pour qu’on ne le reproduise pas. C’est choquant de la part d’élus de gauche. »

« Il faut arrêter d’opposer les habitants, ça va mal finir » , prédit Lakhdar Femmami, conseiller municipal délégué à l’intercommunalité qui revient sur l’idée d’élargissement du périmètre de la communauté d’agglomération. Une question qui avait suscité déjà des remous à l’époque de la création de Terres de France. Pourquoi ne pas intégrer le Blanc-Mesnil ou Aulnay ? Deux villes qui n’ont pour l’instant pas décidé vers qui elles se tourneraient. Cela permettrait de doubler les dotations, ajoute Lakhdar Femmami.

« Il y a 2 millions d’excédent pour l’agglomération cette année. Sevran aussi va amener de l’argent avec les entreprises qui vont s’installer. Il y a largement de quoi soutenir un fonds de concours pour que Sevran puisse joindre les deux bouts » , conclut le maire Stéphane Gatignon (EELV).

Un commentaire sur “Sevran – L’intercommunalité truste les débats

  1. « Il faut arrêter d’opposer les habitants, ça va mal finir » dit Lakhdar Femmami. C’est ce que j’ai pensé en lisant la « lettre » de M. Gatignon : il a tort d’essayer de jouer Sevran contre Tremblay à propos des taxes locales. Tremblay touche beaucoup de taxes grâce à l’aéroport; admettons aussi qu’il en récolte beaucoup de nuisances.

    Je suis surpris que le fond du débat ne porte pas sur les projets de l’Intercommunalité. J’ai vécu en province : si les élus (d’où qu’ils soient) la réduisent à une caisse qui subventionne, l’interco ne vivra pas. Si c’est l’outil pour construire ensemble des projets, cela demande des débats mais c’est du solide.

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