La gauche m’a tuer

carte 93-ouestSaint-Ouen – Un slogan choc pour un site qui tape fort

Mike Borowski © MC/93infos
Mike Borowski © MC/93infos

Vous avez reçu plusieurs mails intitulés « La gauche m’a tuer » et vous vous demandez qui se cache derrière ces articles rentre-dedans ouvertement anti-gauche ? Nous aussi. Nous avons rencontré un des fondateurs du collectif, Mike Borowski, assistant parlementaire du sénateur-maire UMP de Neuilly-Plaisance Christian Demuynck.








« La gauche sait communiquer. Nous à droite, on est un peu maso et on adore se faire taper dessus. Cette attitude m’énerve » , déclare tout de go Mike Borowski. A 29 ans, le créateur du collectif La gauche m’a tuer n’a pas la langue dans sa poche. Avec ce nouveau site, il compte bien se faire entendre, quitte à employer les mêmes méthodes que l’adversaire. Remember Génération Précaire, L’appel et la pioche, Jeudi noir… des collectifs de jeunes qui s’insurgent contre les stages, la précarité et les loyers trop chers. Mailing-list, happenings, sites webs mis à jour régulièrement etc. La gauche m’a tuer veut faire pareil en défendant les valeurs de la droite.


Claude Bartolone élu « anti-jeune » du mois de février

« On a voulu être virulent. On essaie de taper fort. A droite, il n’y en a pas un qui parle comme ça ! » , rugit Mike prêt à bondir de son fauteuil. Alors il l’a fait. Avec six autres jeunes filles-garçons-black-blanc-beur, disséminés aux quatre coins de la France, il a créé le collectif en début d’année. Le site a été mis en ligne le 8 févier 2011. Fond noir, animations et dessins mangas, commentaires facebook, La gauche m’a tuer accroche l’œil et n’est pas dénué d’humour. Sur une vidéo, on peut voir les membres du collectif dans une salle des tortures se faire flageller, brûler vif et écarteler par les politiques de gauche. «Je voulais quelque chose d’original et de pêchu pour communiquer différemment » .



LA_GAUCHE_MA_TUER par lagauchematuer

Pas de logo bleu et blanc « qui ne plaît pas aux jeunes » , pas de référence à l’UMP, rien qui ne laisse supposer une affiliation avec le parti de la majorité. Rien si ce n’est des articles qui démontent les personnalités de gauche. Chaque semaine, La gauche m’a tuer publie deux papiers assassins aux titres ouvertement racoleurs : « Quand la gauche de Côte d’Or traite les jeunes de cons » ,  « La gauche raciste? Évidemment que oui ! » En février, Claude Bartolone, le président du conseil général de Seine-Saint-Denis s’est vu décerner « le trophée de l’anti-jeune du mois » . Mike lui a envoyé une lettre pour le féliciter : « Cette première vise à récompenser l’absence de courage, de vision d’avenir pour la jeunesse.» Dans les trois paragraphes suivant, l’élu en prend pour son grade. Mike ne désespère pourtant pas de lui remettre le trophée en main propre.


Règlements de comptes entre camarades

Une fois par semaine, un des articles publié sur le site arrive dans la boîte mail de milliers de personnes par le biais de la newsletter. Sur la home, un sondage pour attirer le chaland, change toute les semaines. Revers de la médaille, lorsqu’il s’agit d’élire le meilleur politique, c’est souvent celui de gauche qui l’emporte. Mike préfère en rire. « Le mec de droite, il arrive, il « like » un article, le gars de gauche il poste un commentaire. On est vachement moins bon. » Une éducation à refaire en somme. Mike aimerait bien, mais n’y croit pas trop. « Être de droite, c’est avoir un esprit convenu, faire un argumentaire bien construit et scolaire. Alors qu’à gauche, le mec est militant ; c’est dans ses tripes. Nous, on ne le sera jamais. On n’est pas comme ça. »

Le collectif veut quand même essayer et Mike prendre une revanche sur Benjamin Lancar qui l’a devancé lors de l’élection à la présidence des Jeunes Pop. « Est-ce que l’on marche sur les platebandes de Benjamin Lancar ? Oui. Si on le laisse seul parler, c’est pas 80% des jeunes qui vont voter à gauche, mais 99%. Il y a de la place pour tout le monde. » Et de fustiger les tentatives d’intrusion sur le web par ses camarades de parti. Le lipdub ? « Un fiasco. » « Ceux qui utilisent le web à droite sont nuls. Pourtant, on n’est pas plus con qu’à gauche, on sait faire.» Dont acte.

La gauche m’a tuer table sur 100 000 connexions par mois à l’approche des présidentielles et le site restera en ligne « au moins » jusqu’aux législatives de 2012.



Collectif La gauche m’a tuer
4 rue Jules Ferry, 93 400 Saint-Ouen
Site web : http://lagauchematuer.fr