Judiciaire

carte 93-nordSevran – Dix ans après, les causes du décès de Philippe restent non élucidées

Fathy Abou Omar © MC/93infos
Fathy Abou Omar © MC/93infos

Fathy Abou Omar, le père de Philippe trois ans, décédé dans l’incendie de son appartement situé au 18 avenue Dumont d’Urville à Sevran, se bat toujours pour faire reconnaître la thèse de l’accident dans la mort de son fils. Un bras de fer engagé avec le bailleur Espace Habitat Construction qui dure depuis dix ans.





Le 20 février 2011, Philippe, trois ans, périssait dans l’incendie de l’appartement 242 du 18 avenue Dumont d’Urville à Sevran. Les époux Abou Omar venaient à peine d’y aménager. Depuis dix ans, Fathy le père, se bat pour faire reconnaître l’implication du bailleur Espace Habitat Construction dans l’incendie. Soutenu par Olivier de Sousa un ingénieur travaux de 34 ans, il veut prouver que l’origine de l’incendie était accidentelle et due à un court-circuit. S’en suit une série de plaintes restées pour l’heure sans réponse. « Personne ne respecte le fait qu’il y a eu un mort. Un peut garçon est mort » , insiste l’ami de Fathy.

Dès 2003, Olivier de Sousa fait constater le bris des scellés apposés par la justice. « Ils (ndlr : Espace Habitat) ont changé la serrure. » L’intéressé s’interroge : « Y aurait-il eu une mise en conformité de l’appartement pendant la procédure pénale ? » En 2004, une nouvelle plainte est déposée. Deux ans plus tard, Fathy entame une grève de la faim devant le Minsitère de la justice. Le dossier n’avance pas. Le 12 décembre 2007, Stéphane Gatignon écrit à Rachida Dati alors Garde des Sceaux. La réponse en date du 28 février 2008 est négative : « Je dois vous informer qu’en vertu du principe constitutionnel de l’indépendance des juges du siège, il ne m’appartient pas d’intervenir auprès d’eux dans une procédure judiciaire en cours. »

Le 21 mai 2010, Fathy dépose une requête auprès de la cour européenne des droits de l’homme. Dernier rebondissement dans l’affaire : l’inondation de l’immeuble par des fientes de pigeons. Dans la nuit du vendredi 25 au samedi 26 février 2011, l’immeuble où résidait Fathy Abou Omar est évacué. La cause ? Une inondation généralisée due à l’état de dégradation de l’appartement 242. Les fientes de pigeon se seraient infiltrées dans les autres appartements et auraient provoqué l’inondation. Thèse que réfutent en bloc Fathy et Olivier. « Le total égout a été bouché et c’est remonté par les toilettes et les baignoires » , affirment les deux hommes.


Un bailleur aux abonnés absent

Nos tentatives pour joindre le bailleur Espace Habitat Construction (téléphone, fax), se sont avérées vaines. Mais nous ne sommes pas les seuls à ne pas arriver à le joindre. Stéphane Gatignon, le maire de Sevran en a fait les frais lors du sinistre survenu le 25 février. « C’était un truc de fou ! Nous avons du reloger les habitants en urgence dans la nuit de vendredi à samedi. Ça a duré une semaine. Quand j’ai voulu joindre le bailleur, je n’ai pas réussi. » Outre les arrêtés préfectoraux, l’édile a donc envoyé un courrier à Espace Habitat. « Nous sommes en conflit. Il y a un vrai problème avec Espaces Habitat. C’est toujours M. Abou Omar qui est considéré comme locataire. » Sauf que le locataire en question n’habite plus sur place depuis le jour du sinistre. Considéré comme locataire ne payant plus son loyer, les autres habitants de la résidence sont obligés de supporter le coût des impayés, explique Stéphane Gatignon qui juge cela inadmissible. Seul point positif pour l’élu, Espace Habitat a accepté de prendre en charge le relogement des locataires.

Jeudi 7 avril, Fathy Abou Omar comparaissait devant le Tribunal d’Instance d’Aulnay-sous-Bois. Le jugement rendu interdit à la société bailleresse Espace Habitat Construction de réaliser des travaux dans l’appartement jusqu’à la levée des scellés et refuse de résilier le bail liant Espace Habitat et Fathy Abou Omar. Retour à la case départ.