Présidentielle 2012 – Un candidat de l’abstention en lice ?

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Razic et Rachid de l'association BAC © MC/93infos
Razic et Rachid de l'association BAC © MC/93infos

Rachid et Razik, membres de l’association Balle au centre (BAC) de Bobigny, ont un projet fou pour la présidentielle de 2012 : ils veulent présenter un candidat de l’abstention.







L’un est de gauche ex-PC, l’autre a travaillé pour Jean-Christophe Lagarde le député-maire NC de Drancy, mais tous deux ont un but commun : intéresser les jeunes à la politique. Tout a commencé avec un speed dating lors des législatives 2007. Les candidats devaient se présenter en quelques minutes puis affronter les questions des jeunes autour d’une table et durant sept minutes. Une formule qui a séduit et s’est exporté. Las, ce succès éphémère n’a pas poussé les jeunes vers les urnes. Lors des cantonales de mars 2011, la Seine-Saint-Denis a fait figure de champion de l’abstention avec un taux de 67,30% au premier tour.

Une situation qui pousse les membres de la BAC (Balle au centre) à présenter un candidat de l’abstention pour la présidentielle de 2012. « Dans le but de la faire baisser. Si le 22 avril, il n’y a que 8% d’abstention, nous aurons réussi » , déclare Rachid.


Combattre le FN

« Aujourd’hui, les politiques ne se battent pas pour aller chercher les abstentionnistes. Ils se battent pour récupérer les voix du FN. Avec ce candidat, nous voulons remettre le FN à sa place » , explique Rachid. « Si on regarde une carte de France de l’abstention, elle correspond aux votes FN. La variable qui fait que le FN atteindra les 10 ou 20%,  ce sera le vote des abstentionnistes » , ajoute Razic.

Pour pousser les habitants de Bobigny et du reste de la France à se déplacer aux urnes, les membres de la BAC ont mis en ligne une pétition. « Pour parler du projet. Après, nous irons voir les élus pour les signatures, assure Rachid qui veut croire que les politiques se saisiront du problème. S’il y a une dynamique autour de notre projet et que les candidats se réapproprient le sujet, alors nous n’aurons pas besoin de présenter quelqu’un. »

Et si toutefois la sauce ne prend pas et qu’il faut aller plus loin, les membres de la BAC ont tout prévu : « Notre candidat aura un nom, mais n’aura pas vocation à être connu. On ne montrera pas son visage parce que l’abstention, ce n’est pas une image, c’est un cri » , conclut Rachid. Tout un programme !