Tremblay-en-France – En Fase avec le Front de gauche

Tremblay, université d'été de la Fase © MC/93infos
Tremblay, université d'été de la Fase © MC/93infos

carte 93-nordTrois jours durant, les militants de la Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique (Fase) ont rendez-vous à Tremblay-en-France pour leur université d’été. Au programme : des débats, une réflexion sur le projet politique…







Françoise, 70 ans, est venue de Saint-Denis pour assister au lancement des 3e journées d’été de la Fase, un rassemblement d’associatifs, syndicalistes, militants (pour la plupart ex-PC). Et ne leur parlez pas de parti politique. La Fase, c’est autre chose. « Il n’y a pas d’organisation pyramidale comme au PC. » Ici, chacun apporte ses idées. Françoise est un peu perdue. « J’ai besoin qu’on m’éclaire. » Un groupe Fase s’est crée il y a de cela un an et demi dans la ville où elle réside. Mais depuis, c’est silence radio. « Ça n’avance pas beaucoup, on est dans l’apathie » , reconnait l’ancienne militante PC. Elle qui a pris sa carte au Parti en 1962 l’a quitté pour quelque chose de nouveau. Le ralliement à Mélenchon ne l’enchante guère, pourtant elle envisage de « s’engager davantage » dans le mouvement. Pour l’heure, Françoise est assise au quatrième rang de l’assemblée et attend patiemment le début des débats. Un peu plus loin, Jacqueline Rouillon, maire de Saint-Ouen, discute avec son voisin. « L’université d’été, c’est un moment où l’on se pose. On prend le temps d’appréhender certaines questions par le biais d’ateliers. Dans la vie quotidienne, on n’a pas le temps. »


Un rassemblement, pas un nouveau parti politique

Une heure et demi de retard et Pierre Laporte, troisième adjoint au maire de Tremblay, fait son entrée sur scène pour introduire ces universités d’été. Alors c’est quoi la Fase ? Premier élément de réponse : « Nous voulons créer non pas un mouvement politique, mais un groupe de militants pour construire une alternative politique. Nous considérons que ce rassemblement doit prendre des formes diverses : structures culturelles, syndicales, politiques, associatives, toutes ont leur place dans une force politique nouvelle. » Quel avenir pour ce nouveau courant politique ? Une place dans le Front de gauche, mais pas à n’importe quel prix.  « Nous participerons à la création d’assemblées citoyennes pour discuter du projet et agir en vue des élections présidentielles et législatives. Ceci ne nous empêche pas d’avoir notre autonomie et nos projets. »

« Il y a quelques tâtonnements pour trouver le contenu et la méthode. Il faut que l’on arrive à se structurer » , estime Jacqueline Rouillon. A Saint-Ouen, un petit groupe de militants s’est crée et organise des débats.  « Ça reste à petite échelle. » L’édile n’exclut pas de réunir dans un même groupe, des militants Fase de Genevilliers et de Saint-Denis.


Moyenne d’âge très élevée

Tremblay, université d'été de la Fase © MC/93infos
Tremblay, université d'été de la Fase © MC/93infos

Françoise, la militante, veut une méthode pour intéresser les jeunes et faire la révolution. La moyenne d’âge de l’assemblée, assez élevée, n’est pas faite pour la rassurer. « On n’est pas sorti de l’auberge… » Jacqueline Rouillon, concède qu’intéresser les jeunes à la politique est une véritable gageure. « C’est compliqué. Cette façon de faire de la politique par des débats n’est pas très attractive. »

Qu’à cela ne tienne, les membres de la Fase ont trois jours pour trouver des solutions. Au menu des différentes tables rondes et conférences : discriminations, inégalités et rôle de l’Etat ; sexe, races et classe ; la question du revenu socialisé ; la mobilisation pour la Palestine…



Un meeting de clôture réunissant Jean-Luc Mélenchon, François Asensi et Clémentine Autain est programmé pour mercredi soir, à 20 heures, au gymnase Toussaint-Louverture de Tremblay.