Sevran – Un restaurant sauvage leur empoisonne la vie

carte 93-nordDepuis l’année dernière durant la période estivale, un habitant de Sevran installe son camion sur le parking d’une résidence du quartier Rougemont et propose grillades, boissons. Les voisins sont excédés par les nuisances engendrées.





Dès le vendredi, c’est le même rituel. Sur le parking d’une résidence géré par le bailleur Batigère, un camion se gare en plein milieu. Des tables et chaises en plastiques l’entourent. Il met en marche son groupe électrogène, et très vite la musique et les premiers clients affluent. Vers 20h, l’odeur de grillade envahit l’air. « Ça c’est rien ! Le week-end, il peut y avoir jusqu’à 200 personnes. Elles viennent de partout: 78, 92, 77… Tard le soir, les gens sont en état d’ébriété, font beaucoup de bruit. Ça se passe très mal avec le voisinage » , explique Abdlekader Mosteghanemi de l’amicale des locataires.

Dans le hall de l’immeuble, une habitante se plaint des nuisances sonores. « C’est insupportable. » Les clients du restaurant improvisé s’introduisent souvent dans le hall pour y finir la nuit. Ils bloquent l’ascenseur et quand ils vont dans les étages urinent dans les couloirs, raconte Abdlerkader Mosteghanemi.

Le problème remonte à l’été 2010. Le restaurateur avait pris ses quartiers de juillet à septembre. Cette année, le printemps ayant été très clément, le camion s’est installé dès le mois d’avril. Exaspérés, les locataires ont prévenu la mairie et la préfecture. Audrène Casonato, déléguée du préfet rattachée au quartier Rougemont est passée dimanche 28 août. La mairie, en la personne de Samir Kamiri directeur du pôle tranquillité, était sur place lundi soir pour la deuxième fois. « J’y suis déjà allé avec deux agents. Je lui ai dit que ce n’était pas légal et qu’il fallait que ça cesse. » Un premier rappel à l’ordre qui n’a pas suffit. Alors le directeur du pôle tranquillité est revenu. « S’il ne fait pas le nécessaire, de concert avec la police nationale, nous allons confisquer les véhicules, dresser des amendes. »


« On n’a jamais vu ça »

De mémoire de gérant, chez Batigère, « on n’a jamais vu ça en dix ans de logement social » , assure Jessy Chatelais, responsable du site. Prévenue en même temps que la mairie par l’amicale des locataires le 20 août, le bailleur qui est propriétaire du parking où s’installe le restaurant entend bien faire cesser ce manège… même si pour l’instant, ça continue. « Nous avons envoyé un courrier en recommandé avec accusé de réception à l’organisateur qui se trouve être un de nos locataires et demandé à ce que la police y passe. » Pour l’instant, le restaurateur improvisé n’a pas répondu.

En 2010, aux Beaudottes, la mairie avait déjà eu affaire à un cas similaire. Pour empêcher le restaurateur de revenir, la municipalité avait fait appel à des maîtres chiens pour surveiller les lieux. Concernant ce dossier, le bailleur assure tout faire pour trouver une solution à l’amiable mais n’exclut pas, en dernier recours, de porter plainte.

« On comprend bien que les gens ont besoin de gagner de l’argent, mais on ne peut pas tolérer ce genre de situation » , insiste Samir Kamiri le directeur du pôle tranquillité. Ironie de l’histoire, le restaurateur improvisé se présente au voisinage comme un diplomate qui a le droit de faire ce qu’il veut. Les habitants préfèrent en rire… jaune.

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