Interview avec Pierre Berton, médiateur du CG93

Pierre Berton © MC/93infos
Pierre Berton © MC/93infos

Depuis octobre 2009, Pierre Berton est le médiateur du Conseil général de Seine-Saint-Denis. Trois jours par semaines, il répond aux questions des habitants et essaie de trouver une issue favorable à leurs problèmes. Son crédo ? Intervenir avant qu’il n’y ait un recours au tribunal.









Depuis octobre 2009, Pierre Berton occupe le poste de médiateur du conseil général. Ce retraité de 65 ans, ancien directeur du Centre national formation et d’études de la Protection judiciaire de la jeunesse à Vaucresson, a été nommé pour une mission de trois ans par Claude Bartolone, le président du conseil général. La semaine dernière, son rapport d’activité a été présenté lors de la séance mensuelle du CG. Nous l’avons rencontré quelques jours avant pour faire un bilan de son activité.


93-infos.fr : Vous êtes médiateur du conseil général, quel est vôtre rôle ?
Pierre Berton :
Mon but n’est pas de me substituer aux instances, mais d’améliorer le service public entre les administrations et les gens. Je m’assure qu’il y a déjà eu un recours gracieux et j’interviens dans l’intervalle avant qu’il n’y ait un recours au tribunal. Il s’agit de faire en sorte que les habitants ne restent pas en litige avec une administration. Je suis aussi en charge de faire des observations et des recommandations auprès du président du conseil général.

93-infos.fr : Comment les habitants peuvent-ils vous saisir ?
Pierre Berton :
Ils peuvent faire appel à moi en remplissant un formulaire sur le web ou bien par écrit. Je suis assisté d’un médiateur délégué, Gérard Cosimi. Nous réfléchissons à la mise en place de permanences de correspondants dans quatre villes du département. Ces permanences permettraient aux personnes de trouver une aide pour préparer et rédiger leur dossier.

119 dossiers traités en un an


93-infos.fr : Justement, quel type de dossier traitez-vous ?
Pierre Berton :
Les questions qui reviennent souvent portent sur le traitement du handicap, les aides sociales, les avantages du département tels que la carte Imagin’R, mais aussi des questions sur les routes, des demandes de subventions qui restent sans réponses… En 2010, nous avons traité 119 dossiers.

93-infos.fr : C’est peu. Les habitants ne vous connaissent pas ?
Pierre Berton :
Il y a un problème de communication. Il y a eu un lancement avec des papiers dans la presse locale et le journal du département, nous avons des plaquettes, mais le service reste pour l’instant méconnu. Paris, au bout de huit ans arrivent à 1 000 saisines par an. Je ne suis pas inquiet, mais je tiens à ce qu’il y ait un vrai service rendu.

« Nous donnons une explication,
la plus complète possible »



93-infos.fr : Comment traitez-vous les dossiers ?
Pierre Berton :
Je fais suivre les demandes à l’administration correspondante et j’informe les habitants sur l’avancée de leur dossier. Je suis en relation avec la CAF, l’assurance maladie…  Si c’est nécessaire, suivant le dossier, nous appelons les personnes et les rencontrons. Il s’agit de se faire une opinion la plus objective possible. Nous ne pouvons pas nous transformer en bureau de soutien psychologique. Toutefois, quelque soit le résultat, nous donnons une explication la plus complète possible, qu’ils aient des droits ou pas.

93-infos.fr : Quel bilan tirez-vous de cette première année de médiation ?
Pierre Berton :
Ce premier rapport était surtout l’occasion de dire ce que nous faisons et rendre à chaque pôle et administration les questions qui se sont posées et les remarques que nous pouvons faire. J’ai fait quelques recommandations sur la qualité de l’accueil et j’ai préconisé qu’on ne laisse personne en dehors de la protection sociale.

93-infos.fr : Êtes-vous en contact avec d’autres médiateurs en France ?
Pierre Berton :
Ouis. Nous essayons de développer un réseau pour échanger nos expériences. Beaucoup de villes ont des médiateurs, mais nous sommes encore peu nombreux au niveau des départements. Et puis c’est très différent au niveau des nominations. A Paris, la médiatrice a été nommée par arrêté. Dans certaines villes, c’est un élu ou un fonctionnaire. Moi j’ai été nommé par le président du CG. C’était un engagement pris dans le cadre de l’agenda 21. Je ne suis pas salarié, mais indemnisé et ça me convient !