Epinay-sur-Seine – JP Rosenczveig, la loi et la famille

Epinay, réunion loi et famille avec JP Rosenczveig © MC/93infos
Epinay, réunion loi et famille avec JP Rosenczveig © MC/93infos

carte 93-ouestMardi soir, le président du tribunal pour enfants de Bobigny Jean-Pierre Rosenczveig, animait une réunion sur la famille et la loi. L’occasion de revenir sur quelques points de droit fondamentaux tels que l’autorité parentale.




Jean-Pierre Rosenczveig est assis sur l’estrade de l’Espace Lumière, derrière une table. Le juge et président du tribunal des enfants de Bobigny est venu animer une réunion sur la loi et la famille. De nombreux parents et grands-parents ont répondu présent. Ils écoutent avec attention le discours du juge qui répond aux questions sans détour, d’une façon franche et directe. Les trois principaux points à retenir de son intervention sont les suivants :

1/ Les faits

Le juge pose d’abord le débat. « Les choses ont changé. Le papa, la maman unis par le mariage et vivant toute leur vie ensemble, c’est un modèle de collection. 52% des enfants naissent en dehors du mariage. La vie ne s’arrête pas à une désunion. Les enfants vont vivre avec un parent biologique et un beau-parent. Deux millions d’enfants vivent avec un beau-parent. Nous avons un code qui date de 1804, de Napoléon, alors que la situation a beaucoup évolué depuis. »

2/ Qui a l’autorité parentale ?

« A priori, il faut un lien de filiation entre l’enfant et l’adulte. S’il n’y a pas de lien juridique, même si vous êtes le père ou la mère, vous n’êtes pas reconnu. Pour avoir l’autorité parentale, il faut établir un lien de filiation. Dans un couple marié, les deux parents ont l’autorité parentale. Quand le couple n’est pas marié, il faut faire des démarches. »

Se pose le problème des beaux-parents. Pour l’instant, ils ne sont pas reconnus pas la loi. « L’enfant se doit de respecter l’autorité des adultes présents, précise Jean-Pierre Rosenczveig, y compris les beaux-parents. Ce serait mieux si la loi le disait, mais les discussions sur le statut sont bloquées à cause de l’homoparentalité. »

En cas de décès d’un des parents, l’autre recouvre la totalité de l’autorité parentale. La loi prévoit cependant qu’en cas de décès, le parent peut-être préventivement privé de ses droits. Les grands-parents peuvent alors être désignés et récupérer l’autorité parentale.

3/ Qu’est-ce que l’autorité parentale ?

Pour Jean-Pierre Rosenczveig, il s’agit de « veiller à ce que l’enfant soit bien nourri, à ce qu’il ne traîne pas dans la rue » , bref,  « veiller à son éducation » . « C’est une fonction qui s’exerce dans l’intérêt de l’enfant et la société s’est vue le droit de vérifier que cela se fait bien par le biais du juge ou du service de protection de l’enfance. »

L’autorité parentale, c’est aussi savoir dire non, ajoute le juge et père de famille. « Un gamin n’a pas le droit de dire : ce soir je sors ! Il doit demander la permission à ses parents. Un parent ne doit pas dire oui à tous les coups. »

Dernier conseil pour les parents : ne pas mélanger autorité et violence. « La gifle et la fessée ne sont pas condamnées, mais il ne faut pas en abuser. »


Dans la salle, tous semblent avoir retenus la leçon.