Noisy-le-Sec – Etienne Liebig défend les roms

Noisy-le-Grand, les roms installés rue Baltard © MC/93infos
Noisy-le-Grand, les roms installés rue Baltard © MC/93infos

carte 93-centreEtienne Liebig est un homme en colère. Cette fois-ci, il s’en prend au racisme d’Etat qui touche les roms. Après Les pauvres préfèrent la banlieue, après Les nouveaux cons, De l’utilité politique des roms sort aujourd’hui.








« Ça fait trente ans que je bosse avec des roms. Ils sont souvent victimes de racisme, mais c’est la première fois que le chef de l’État tient des propos ouvertement racistes. C’était choquant. » Tellement choquant, qu’Etienne Liebig, éducateur spécialisé dans le 93 et auteur du livre Les pauvres préfèrent la banlieue, en a fait un nouvel opus « écrit en deux mois sous le coup de la colère » . Tout est dit !


Un racisme ancestral

De l'utilité politique des roms d'Etienne LiebigDans ce nouvel essai, court mais efficace, Etienne Liebig démontre que le racisme envers les roms est vieux de plusieurs siècles.

Dans la littérature, la chanson… Le rom, gitan ou tsigane est toujours représenté de la même façon : un joueur de guitare ferrailleur qui habite une roulotte et est nomade. Nourri de multiples exemples, le livre remonte à la racine du mal et raconte l’évolution d’un racisme qui a connu son apogée ces derniers mois. « A partir du moment où l’État s’est permis de dire certaines choses, cela a libéré la parole » , constate Etienne Liebig. En mal, la plupart du temps.


Les roms, source de débats houleux

« A plusieurs reprises, je me suis retrouvé dans des débats qui étaient d’une violence inouïe. » Dès les premières pages du bouquin, l’auteur raconte ainsi un accrochage survenu lors d’un débat avec notamment Claire O’Petit, conseillère municipale d’opposition (Modem) à Saint-Denis. « Je la connais bien, explique Etienne Liebig, c’est quelqu’un de modéré. J’aurais été entouré de personnes du FN, je n’aurais pas été surpris par le discours, mais là… » Il en est resté bouche bée. « Le groupe des tsiganes est une projection de notre peur. Ils n’ont pas de raison de se revendiquer d’un groupe car ils n’ont pas de points communs entre eux. C’est nous qui le créons artificiellement et recréer un groupe qui n’existe pas, c’est exactement ça le racisme. »

La campagne pour les élections présidentielle et ses débordements inhérents ne sont pas bon signe estime-t-il.  Pendant que l’on parle des roms, on élude les vrais problèmes. D’où le titre du livre. Les roms, bouc-émissaire idéal, détournent l’attention des sujets de fond (chômage, santé…). « Y’a vraiment un truc qui déconne. Le paupérisme m’inquiète beaucoup » , conclut Etienne Liebig. Un dernier coup de gueule à pousser ? « Je vais peut-être écrire le tome 2 des Nouveaux cons. J’en ai rencontré tellement depuis le premier ! »

De l’utilité politique des roms, d’Etinne Liebig,
aux éditions Michalon,
Sortie le 8 mars 2012.